La rumba congolaise

C’est l’histoire d’une musique qui a traversé les océans, connu des tragédies humaines et sublimé des victoires. Nous vous invitons à partir à la découverte de ce récit plein de musiques, de fureurs, de rencontres et de sonorités chatoyantes.

Il y a très longtemps dans le royaume Kongo l’ethnie Mbati pratiquait le Nkumba où danse du nombril. Elle était l’expression de la fusion amoureuse, de plaisirs charnels, un rapprochement des corps sensuel chargé aussi de symboles nourriciers.



C’est ici que la tragédie s’invite : la traite négrière fit des ravages dans ce territoire. Déportés pour beaucoup en Amérique du Sud, notamment à Cuba pour y travailler la canne à sucre , les esclaves issus du royaume Kongo tentèrent de faire perdurer leurs traditions comme un refuge à leur déracinement puis comme revendication contre les injustices qu’ils subissaient. La volonté des colons Espagnol d’effacer toute revendication culturelle accompagna les différentes évolutions de cette danse. Instruments et rythmes occidentaux se mêlèrent, fusionnèrent pour donner…la rumba cubaine qui prit un essor considérable au 19e siècle avec l’introduction de claves ,  maracas et congas.

À ce moment du récit le mot FIN aurait pu être écrit mais un rebondissement inattendu relance l’histoire !

Dans les années 30 des marins cubains débarquèrent sur les côtes africaines avec l’intensification du trafic maritime et emmènent avec eux leur musique. C’est une révélation pour la population africaine de ces ports, cette musique fait partie de leur héritage ! Ces sonorités ils les reconnaissent ! Ils vont se les réapproprier !

Au cours des années 40-50 la ferveur autour de cette redécouverte gagne les villes pour prendre une ampleur considérable au cours des indépendances africaines. Avec le célèbre indépendance cha cha (ici) de Joseph Kalale et son Grand Kalle qui introduit la guitare électrique et la trompette. D’autres grands noms vont porter aux nues cette musique qui enveloppe les nuits de Kinshasa et sa jeunesse avide d’espoir.

Quelques grands artistes :
Franco Luambo et son OK Jazz ici
Tabu Ley Rochereau ici
Papa Wemba ici

La rumba congolaise va gagner une grande partie du continent et se faire connaître aussi en Europe. Puis comme toute musique elle va donner lieu à d’autres courants : n’dombolo, soukouss qui prendront de plus en plus d’importance au point de faire un peu oublier la rumba. Grâce aux membres du Kekele 

Dans les années 2000 et l’immense succès critique et populaire de leur album, la rumba part à la conquête d’un nouveau public. La beauté de la langue lingala (essentiellement parlée au Congo) donne un charme fou aux textes qui parlent d’amour et d’espoir pour l’Afrique. Et en 2018 l’album de Bumba Massa est une nouvelle étape.

Dernier clin d’œil avant de refermer le livre…en France deux artistes de rap / variété, Youssoupha et Maître Gims sont des héritiers directs de cette histoire. Nés au Congo tous les deux le premier est le fils de Tabu Ley Rochereau et lui rend hommage dans ses textes ici et  le deuxième est le fils d’un musicien du Papa Wemba et glisse dans son tube Sapés comme jamais  (le texte est en partie en lingala, et à 2’40 de la vidéo la rumba, avec ses notes caractéristiques, remplie l’espace ) de multiples références à l’ histoire de la SAPE.

Et puis finalement nous n’écrirons pas le mot FIN…

Quelques documents en Musique et Cinéma pour continuer le voyage :

Brazza kin
Congo to Cuba

Les Bantous de la Capitale 
Golden Afrique Vol.2



Mots-clés , , ,

Partagez


  1. Lien croisé

    Anonyme
    Vendredi 06/07/2018 à 19:30

    Site des médiathèques d'Antony : "La Corée du Nord est depuis plusieurs mois au centre des préoccupations internationales : la moindre remarque de son dirigeant, K...jeudi 28 juin 2018 15:22La rumba congolaiseC'est l'histoire d'une "