Emmanuel Guibert à la médiathèque

Du 2 avril au 12 mai, dans le cadre de la manifestation « Des bulles dans la ville »,  les médiathèques Anne Fontaine et Arthur Rimbaud mettent l’auteur de bande dessinée Emmanuel Guibert à l’honneur.

Les deux expositions prennent racine dans le souvenir. Souvenirs de l’enfance du scénariste pour les aventures d’Ariol le petit âne à Arthur Rimbaud, souvenirs de son grand ami Alan Cope dans l’exposition  « Martha et Alan, l’art de se souvenir par Emmanuel Guibert » à Anne Fontaine. 

Nous avons eu le plaisir d’accueillir Emmanuel Guibert le 2 avril lors du vernissage de l’exposition à Anne Fontaine.

Dessinateur et scénariste, Emmanuel Guibert est reconnu par ses pairs comme un artiste de grand talent. Trustant les plus grands prix, ces honneurs ne lui ont pas donné la grosse tête et c’est un homme modeste et chaleureux qui est venu nous conter moult anecdotes sur les coïncidences de la vie et les sources d’émerveillement sans faille qu’elle lui procure. 

L’auteur s’est d’abord fait connaître par ses BD jeunesse comme Sardine de l’espace (avec Joann Sfar puis Mathieu Sapin), et Ariol (les aventures d'un petit âne bleu, espiègle et philosophe) signé avec Marc Boutavant. Il compose ensuite des BD à partir de récits de vie, comme celui d’un reporter de guerre, Le photographe, ou encore et surtout l’histoire de son ami Alan Cope, ancien GI américain auquel il rend régulièrement hommage en dessinant un épisode de sa vie. 

Très ému à l’évocation de son ami, Emmanuel Guibert nous a embarqué dans le récit de ses aventures et nous aurions pu l’écouter des heures.

Il a rencontré par hasard Alan Ingram Cope un matin de juin 1994 à l’Ile de Ré en lui demandant son chemin. S’ensuivra une amitié indéfectible et une collaboration artistique qui ne cessera qu’en 1999 à la mort d’Alan. 

Guibert retrace d’abord les années de soldat d’Alan pendant la deuxième Guerre Mondiale dans la trilogie La Guerre d’Alan, puis ses souvenirs d’enfance dans L’Enfance d’Alan et enfin dans Martha et Alan, le lecteur découvre la beauté magique du premier amour d’Alan dans la Californie des années 1930. Cette relation avec Martha ne cessera jamais complètement même si les aléas de la vie les sépareront. Leur histoire est relatée avec tendresse et nostalgie dans de magnifiques tableaux en double page où le dessinateur s’est affranchi des cases pour rendre toute leur puissance évocatrice aux traits et à la couleur. La voix d’Alan résonne dans des récitatifs à la première personne : « J'avais fermement décidé que j'allais devenir grand et me marier avec elle. Et je l'aurai fait. » 

Les dessins dont vous verrez de belles reproductions à Anne Fontaine,  sont réalisés sur des feuilles de rhodoïd transparent à l'aide des rares matériaux susceptibles d’accrocher sur le plastique : peintures acryliques, encre de chine, crayons aquarellés et pigments de gouache mêlés à de la cire, sont d’une esthétique graphique éblouissante qui se rapproche des œuvres de Norman Rockwell.

L’avantage de cette transparence consiste à pouvoir faire des contours au recto de la feuille et du modelage au verso. La moindre éraflure peut cependant entraîner un désastre. Pratiquer cet art revient, dit-il, à marcher sur un lac gelé qui menacerait à tout moment de céder sous son poids.

Emmanuel Guibert n’en a pas fini avec la vie d’Alan. Il garde de son ami une soixantaine d'heures d'enregistrements sonores qui lui serviront à poursuivre ses récits pour ne jamais complètement le quitter. 

Pour tous ceux qui n’ont pas eu la chance d’être au vernissage de l’exposition, sachez qu’Emmanuel Guibert, Marc Boutavant, Emilie Gleason, Christophe Bataillon… seront à l’espace Vasarely de dimanche 12 mai 2019 dans le cadre du Festival BD des Bulles dans la ville.

Ne manquez pas ces rencontres, ventes-dédicaces de 14h à 20h.

Enfin, la médiathèque Arthur Rimbaud vous propose d’apprendre à dessiner Ariol et Ramono et faire des jeux Ariol.

Retrouvez Martha et Alan dans les médiathèques


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