Les trouvailles du Café-Lire

Chaque mois des idées de lectures éclectiques par des lecteurs passionnés.

Et si nous laissions la parole à des livres qui bousculent nos façons de penser ? Ils nous présentent de faux imposteurs qui forcent l’admiration, une guerre vue du côté de l’ennemi, les années 60 et leur effervescence traitées en bande dessinée, un virtuose mulâtre ignoré par la Grande Histoire, la cuisine vue côté fourneaux, ou encore un fait divers assez horrible pour provoquer une grève de la magistrature.


Stefan Hertmans, Guerre et térébenthine. Gallimard, 2015

Cet auteur belge flamand évoque les souvenirs de son grand-père peintre (d’où le titre) sur la guerre de 14-18, vue par d’autres que par des Français. Il en ressort une grande frustration d’être passé à côté de sa vie. Les hésitations de l’auteur au début, du type « vais-je ou non écrire sur ce sujet », un peu trop longues, sont le seul bémol. A rapprocher de Charlotte de David Foenkinos.Lu par Gilles et Annie




Olivier Truc, L’imposteur : enquête. Ed du Seuil, 2015

En 1995, le reporter Olivier Truc, à la demande de l’ambassadeur de France en Estonie, se met à la recherche de documents permettant de renouveler le passeport français d’un vieux sous-officier, rescapé du goulag, fait prisonnier pendant la Seconde Guerre Mondiale puis évadé en Lituanie. Mais l’enquête minutieuse du journaliste révèle peu à peu que tous ces épisodes ont été inventés par le soit disant sous-officier, qui a réussi la « performance » d’abuser plusieurs services secrets, sa famille et ses amis. Tour de force ou imposture, on oscille entre admiration et consternation ! Lu par Gilles


Javier Cercas, L’imposteur. Actes Sud, 2015

Un homme devenu président d’une association de déportés, dit s’être impliqué dans la guerre d’Espagne, avoir été déporté en Allemagne et puis en militant antifranquiste. En tout cas c’est la vie qu’il s’invente. Il a eu trois foyers, en cloisonnant soigneusement ses différentes vies, et a passé beaucoup de temps à « témoigner » sur son expérience des horreurs de la guerre, avec une profondeur passionnante. Cet homme est-il un imposteur à rejeter car il a abusé de la vraisemblance de son histoire ou, n’ayant fait aucun mal à personne, peut- il être considéré comme digne d’intérêt, voire de respect ? Lu par Gilles
Du même auteur : les soldats de Salamine


Florence Cestac, Fille des oiseaux. Dargaud, 2016

Bande dessinée qui parlera aux adultes d’âge mûr et à tous ceux qui s’intéressent à la période précédant mai 68, car elle retrace de 1960 à 1968 la vie de deux adolescentes pensionnaires dans un établissement religieux, où on retrouve tous les grands sujets sociologiques sérieux de l’époque, tels que les différences entre classes sociales ou encore la sexualité et le sexe opposé comme sujets tabous, ou plus légers comme la question « que cachent les religieuses sous leurs voiles ? ». Lu par Claudette


Alain Guédé, Monsieur de Saint-George, le nègre des lumières. Actes Sud, 2001

Alain Guédé, journaliste au Canard Enchaîné, nous fait découvrir Monsieur de Saint George, compositeur et chef d’orchestre mulâtre, né à Basse-Terre en 1745, dont la musique serait proche de celle de Mozart. La prépondérance de la franc-maçonnerie dans la période de la Révolution, l’analyse politique générale de l’époque, la difficulté de l’artiste à se faire accepter en raison de la couleur de sa peau, sont autant d’aspects qui donnent beaucoup d’intérêt au livre. Lu par Monique


Amy Noveski, Une berceuse en chiffons : la vie tissée de Louise Bourgeois.
Pastèque, 2016

Biographie de la sculptrice Louise Bourgeois, qui a vécu une grande partie de son enfance à Antony, où ses parents exerçaient le métier de restaurateurs de tapisseries anciennes. Son thème, l’araignée, déclinée dans sa série de sculptures « Les araignées-maman », vient des points de broderie qu’elle utilisait pour aider ses parents. Adulte, elle a surtout vécu aux Etats-Unis. Son nom a été donné à une résidence universitaire située à Antony, dans le quartier des Baconnets.


Marie Ndiaye, La cheffe, roman d’une cuisinière. Gallimard, 2016

Ce roman d’une cuisinière permet de faire le lien entre la personnalité du personnage et sa cuisine et de découvrir ses relations conflictuelles avec sa fille. La chronologie est équilibrée.
L’auteur avait obtenu le Prix Goncourt 2009 pour « Trois femmes puissantes ». Lu par Marie-Thérèse




Ivan Jablonka, Laetitia ou la fin des hommes. Ed. du Seuil, 2016.

« D’une jeune femme qui n’a vécu que dix-huit ans, j’ai voulu faire une héroïne des temps modernes »
Il s’agit donc de Laeticia Perrais enlevée et assassinée en 2011 dans des circonstances qui ont bouleversé l’opinion publique. Cette affaire a aussi provoqué une grève sans précédent dans la magistrature. Un fait divers d’une extrême dureté qui nous apprend quelque chose de notre société. Lu par Natalie. Sélectionné pour le prix 2017 des lecteurs d’Antony.


Nous en avons aussi parlé :

  • Fabrice Luchini, Comédie Française, ça a débuté comme ça. Flammarion, 2016
  • Edna O’Brien, Les petites chaises rouges. S. Wespieser, 2016
  • Harper Lee, Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur, De Fallois, 2005
  • Mathias Malzieu, Journal d’un vampire en pyjama. Albin Michel, 2016
  • Joyce Carol Oates, Daddy Love. P. Rey, 2016
  • Amin Maalouf, Un fauteuil sur la Seine. Grasset, 2016

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  1. Lien croisé

    Anonyme
    Samedi 18/02/2017 à 10:41

    Site des médiathèques d'Antony : "ée, grande nouveauté, l'équipe de la ludothèque vous a concocté un choix de jeux de société à expérimenter entre amis o...mardi 24 janvier 2017 10:41Les trouvailles du Café-Lire"