Evasion estivale – Saison 6

Après des semaines coincée entre quatre murs à faire l’inventaire du nécessaire et à déclencher le chrono pour la sortie quotidienne, à désespérer de pouvoir lire plus de 5 lignes à la suite en me souvenant du début, j’ai enfin pu rouvrir sereinement un livre. Puis deux, puis trois. Quel soulagement ! Et puisque je n’avais pas du tout envie de penser à mon quotidien, je me suis évadée dans d’autres mondes.

 

 

J’ai d’abord bourlingué dans l’espace en compagnie d’AssaSynth, IA biotechnologique  qui s’est auto-piratée pour se garantir un brin de liberté vis-à-vis des ordres parfois absurdes de la très capitaliste entreprise qui le possède et l’exploite. N’ayant pu s’empêcher de s’attacher aux humains dont il devait assurer la protection et considéré comme unité séditieuse, il est vite recherché partout dans la galaxie. Au fil des quatre courts romans qui composent son journal, je l’ai suivi faisant l’apprentissage de la liberté et des responsabilités qu’elle entraîne. (Martha Wells, Journal d’un AssasSynth, vol. 1 à 4)

 

Après les étoiles, je me suis aventurée dans des contrées au délicieux goût de magie. Avec une compagnie de nains, je suis entrée une vallée où, d’après la tradition vit un dragon. Vallée interdite, mais pas le choix de passer ailleurs. Ce n’est pas la plus joyeuse des nouvelles, mais l’amateur de Tolkien y retrouve facilement ses marques, et le travail d’illustration rend plus expressif encore un récit déjà magnifique. (Jean-Philippe Jaworski, Désolation, illustré par Melchior Ascaride)

 

 

Abandonnant les nains à leur sort, j’ai rejoint la 9e Légion. Après de rudes combats, les soldats sont envoyés au nord du royaume, où la Brume, qui depuis des siècles stagnait, avance de nouveau et crache de plus en plus de monstres. Il va falloir trouver une explication, et peut-être bien y entrer… Jolie réussite pour un premier roman et agréable moment de lecture, le récit et surtout ses personnages m’ont rappelé la Compagnie noire, une série de dark fantasy par Glen Cook que j’avais adorée. (Thibaud Latil-Nicolas, Chevauche-Brumes)

 

 

Ma rencontre suivante a été moins colorée, mais tout aussi épique. Imaginez : un ancien mercenaire cherche à reformer sa bande pour aller secourir sa fille, prisonnière dans une ville assiégée par une horde de monstres. Entre eux, la moitié du monde, une forêt plus que dangereuse, et la réapparition des descendants des anciens maîtres de cette terre. Dit comme ça, on dirait un roman aux gros sabots et oui, ça l’est un peu, mais je me suis attachée à ces vieux pas si décatis. D’ailleurs, j’aimerais bien en savoir plus sur ces antiques lapins… (Nicolas Eames, Wyld 1. La mort ou la gloire) Tout un programme…

 

 

Après ça, j’avais l’âme un peu plus solitaire alors je me suis tournée vers des héros qui tracent leur chemin seul. En tamponnant quelques obstacles au passage. Avec Maggie, c’est tout ou rien, on l’aime pour son style – mon flingue d’abord, les questions après – ou pour les déchirures de son âme. Son mode à elle : une large portion de désert rocheux digne des beaux westerns, aux accents de Mad Max. En fait une réserve navajo après une apocalypse qui a v revenir la magie et avec elle bon nombre de créatures surnaturelles. Plus que l’héroïne, un peu énervante par son côté badass et son indécision chronique sur certains sujets, c’est le mélange peu courant de post-apo, légendes indiennes et western qui m’a plu. Mon roman ado du confinement. (Rebecca Roanhorse, Le Sixième Monde 1. La Piste des éclairs)

 

 

L’héroïne suivante est tout aussi déterminée, mais plus attachante. Fille de prêteur, juive, pauvre parce que son père gère mollement ses affaires, elle reprend en main le remboursement des dettes. On finit par dire qu’elle fabrique de l’or… ce qui attire l’attention des Staryks – le peuple de la forêt, à éviter à tout prix, si vous apercevez une route d’argent, passez votre chemin ! De défi en défi, qui sait ce qu’elle découvrira… Un conte slave réécrit, avec quelques longueurs que le dénouement fait oublier. (Naomi Novik, La fileuse d’argent)

 

 

Vassia évolue elle aussi dans un monde slave, dans un village niché près d’une sombre forêt. Elle aime les vieilles légendes et contrairement aux villageois convertis au christianisme, elle croit aux esprits et aux êtres surnaturels. Elle les voit, comme elle voit le démon du Gel, Morozko. Roman cruel comme le sont les contes, poétique et aux températures glaciales, parfait pour les grosses chaleurs. (Katherine Arden, Trilogie d’une nuit d’hiver, 1. L’Ours et le Rossignol, 2. La fille dans la Tour)

 

Bon été !
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